Revue de presse n°352
L'actualité hebdo en dermatologie
Weekly news in dermatology
du 8 juillet 2008
réalisée avec le soutien institutionnel de
developed thanks to institutional support of
Cette revue de presse est réalisée grâce au soutien institutionnel de CLUB DERMAWEB, sous la direction scientifique du Professeur Philippe Saïag par les Docteurs François Blanc et Jean-Noël Dauendorffer, sous la seule responsabilité de DDL médias.

This review of the press was prepared thanks to the institutional support of CLUB DERMAWEB, under the scientific direction of Professor Philippe Saïag, Doctors François Blanc and Jean-Noël Dauendorffer, under the sole responsibility of DDL médias.

   Traitement du pemphigus au cours de la grossesse.
Comment traiter le pemphigus chez une femme enceinte quand la corticothérapie seule est insuffisante ? Le méthotrexate, le cyclophosphamide et le mycophénolate mofétil sont fortement déconseillés. La cyclosporine est l’immunosuppresseur le plus sûr en cas de grossesse mais serait moins efficace que l’azathioprine dans le pemphigus. Or les pemphigus mal contrôlés ont une influence péjorative sur la grossesse. Pour une patiente désirant être enceinte alors que son pemphigus était traité par méthotrexate et dapsone, les auteurs ont choisi l’azathioprine (AZA) 75 mg/j associé à la prednisone. Le pemphigus a été bien contrôlé, sans conséquences apparentes sur la grossesse et la santé du bébé. On ne compte dans la littérature que 40 cas de pemphigus chez des femmes enceintes. Une seule grossesse a été commencée sous AZA : une dose très faible (15 mg/j) avait été prescrite et la grossesse s’est bien passée. Dans 4 autres cas l’AZA a été introduit en cours de grossesse. Les complications maternelles et fœtales ont été nombreuses (2 PV néonataux, 2 mort-nés) mais paraissaient essentiellement liées à la sévérité du pemphigus, sans qu’on puisse incriminer formellement l’immunosuppresseur. L’AZA est expérimentalement tératogène chez l’animal mais il a été largement employé chez des femmes enceintes dans la prévention du rejet de greffes ou le traitement de maladies auto-immunes non dermatologiques, et aucun cas de malformation n’a été signalé.
Treating pemphigus during pregnancy.
How do you treat pemphigus in a pregnant woman when corticotherapy alone is not enough? Methotrexate, cyclophosphamide and mycophenolate mofetil are strongly advised against. Cyclosporine is the safest immunosuppressant in cases of pregnancy but is less effective than azathioprine in pemphigus. Poorly controlled pemphigus has an unfavourable effect on pregnancy. For a patient who wanted to get pregnant even though her pemphigus was being treated with methotrexate and dapsone, the authors chose azathioprine (AZA) 75 mg/day combined with prednisone. The pemphigus was well controlled, with no apparent consequences on the pregnancy and baby’s health. There have only been 40 documented cases of pemphigus in pregnant women. Only one pregnancy has been started on AZA: a very low dose (15 mg/day) had been prescribed and the pregnancy went well. In 4 other cases AZA was introduced during pregnancy. There were numerous consequences for the mother and foetus (2 neonatal PV, 2 stillborn) but seemed to be predominantly linked to the severity of the pemphigus, which means that the immunosuppressant can’t be formally blamed. AZA is experimentally teratogenic in animals but it is widely used in pregnant women to prevent transplant rejection or treat non-dermatological auto-immune diseases, and no cases of malformation have been reported.
Rédacteur / Editor : François Blanc
> Julia S. Lehman, MD; Kurt K. Mueller, MD; Daniel F. Schraith, MD Do Safe and Effective Treatment Options Exist for Patients With Active Pemphigus Vulgaris Who Plan Conception and Pregnancy? Arch Dermatol. 2008;144(6):783-785.
   Traitement des chéilites actiniques par photothérapie dynamique.
La chéilite actinique, qui touche principalement le vermillon de la lèvre inférieure, peut se compliquer d’un carcinome épidermoïde dont le risque métastatique est quatre fois plus élevé que celui d’un carcinome épidermoïde cutané. Les traitements habituellement proposés sont la cryothérapie, l’excision chirurgicale, le laser CO2, le 5-fluoro-uracile topique, les rétinoïdes et l’imiquimod. La photothérapie dynamique, déjà indiquée dans le traitement des kératoses actiniques, des carcinomes basocellulaires superficiels et de la maladie de Bowen, a été évaluée chez 10 patients présentant une chéilite actinique. Le protocole a consisté en l’application d’acide aminolévulinique 20% comme photosensibilisant et une irradiation à 570-670 nm avec une dose de 40 J/cm² (2 séances à une semaine d’intervalle). L’évaluation à 3 mois a montré une rémission complète clinique chez 90% des sujets et histologique dans 80% des cas. Le résultat cosmétique a été jugé excellent respectivement chez 60% et 80% des patients, selon que ce résultat a été jugé par l’investigateur ou par le patient lui-même. Ces résultats intéressants doivent être relativisés par l’absence de suivi à long terme qui ne permet pas de préciser le taux de récidive.
Treating actinic cheilitis with dynamic phototherapy.
Actinic cheilitis, which mainly affects the lower lip vermilion, can progress into an epidermoid carcinoma for which the metastatic risk is four times higher than a cutaneous epidermoid carcinoma. Therapeutic approached include cryotherapy, surgical excision, CO2 laser ablation, topical fluorouracil, retinoids and imiquimod. Dynamic phototherapy, already indicated in the treatment of actinic keratoses, superficial basocellular carcinoma and Bowen’s disease, was evaluated in 10 patients presenting actinic cheilitis. The protocol consisted of applying 20% aminolaevulinic acid as a photosensitizing agent and 570-670 nm radiation at a dose of 40 J/cm² (2 sessions with a 1-week interval). The 3-month evaluation showed a complete clinical response in 90% of subjects and a complete histological response in 80% of cases. The cosmetic result was judged as excellent in 60% and 80% of patients respectively, depending on whether this result was judged by the investigator or the patient himself/herself. These interesting results should be put into perspective because there was no long-term follow-up which means that the level of recurrence cannot be determined.
Rédacteur / Editor : Jean-Noël Dauendorffer
> E. Sotiriou, Z. Apalla, T. Koussidou-Erremonti, D. Ioannides. Actinic cheilitis treated with one cycle of 5-aminolaevulinic acid-based photodynamic therapy : report of 10 cases. Br J Dermatol 2008;159:261-2.
   Quels sont les facteurs favorisant l’eczéma craquelé ?
L’eczéma craquelé, localisé ou généralisé, semble lié à des facteurs extrinsèques comme le froid, le vent, l’utilisation de savons et les bains prolongés en eau chaude. Ce dernier facteur étant suspecté sans être scientifiquement démontré, les habitudes hygiéniques de 40 patients présentant un eczéma craquelé généralisé ont été étudiées, en comparaison à des patients présentant une dermatite atopique ou un eczéma généralisé non craquelé d’une part et à des volontaires sains d’autre part. Aucune différence n’a pu être mise en évidence entre ces différents groupes, quelque soit la variable analysée : fréquence des bains, durée, type (bain ou douche), température de l’eau, utilisation de savons ou d’émollients. Ces résultats infirment donc la responsabilité des soins d’hygiène dans l’eczéma craquelé, suggérant le rôle de facteurs extrinsèques environnementaux (température, humidité) ou intrinsèques.
What are the predisposing factors of asteatotic dermatitis?
Localised or generalised asteatotic dermatitis seems linked to extrinsic factors such as the cold, wind, using soap and long baths in hot water. Since this last factor is suspected but not scientifically proven, the hygiene habits of 40 patients presenting generalised asteatotic dermatitis were studies, in comparison with patients presenting atopic dermatitis or generalised unclassified eczema as well as healthy volunteers. No difference could be found between these different groups, no matter which variable was analysed: frequency, duration and type (shower or bath) of bath, temperature of the water, or using soap or emollients. These results imply that hygiene care doesn’t play a role in asteatotic dermatitis, which suggests that environmental extrinsic (temperature and humidity) or intrinsic factors play a role.
Rédacteur / Editor : Jean-Noël Dauendorffer
> Li LF, Lan YZ. Bathing and generalized asteatotic eczema : a case-control study. Br J Dermatol 2008;159:243-5.
   Résultat des tests épicutanés chez les patients adressés pour eczéma de la marge anale.
Sur 575 patients adressés en allergologie pour eczéma de la marge anale, 347 n’avaient pas d’autres localisations de l’eczéma. Les allergènes pour lesquels la positivité était anormalement fréquente chez ces patients étaient l’aldéhyde cinnamique, la dibucaïne et la benzocaïne, le butyrate d’hydrocortisone et le budésonide. Dans 73 cas, l’eczéma de contact n’était associé à aucune dermatose sous-jacente, ne concernait que la région anogénitale et pouvait s’expliquer de façon satisfaisante par au moins un test positif pertinent, les allergènes les plus représentés étant les parfums et conservateurs des cosmétiques et les topiques médicamenteux tels qu’antibiotiques, anesthésiques et corticoïdes.
Results of epicutaneous tests in patients referred for anogenital eczema.
Out of 575 patients referred to allergology for anogenital eczema, 347 had anogenital disease only. The allergens for which positivity was abnormally frequent in these patients were cinnamic aldehyde, dibucaine, benzocaine, hydrocortisone-17-butyrate, and budesonide. In 73 cases contact eczema was not associated to any subjacent dermatosis, only affected the anogenital region, and could be satisfactorily explained by at least one relevant positive test. The most common allergen sources were fragrances and preservatives in cosmetics and topical medications such as antibiotics, anesthetics and corticoids.
Rédacteur / Editor : François Blanc
> Erin M. Warshaw, MD, MS; Laura M. Furda, BA; Howard I. Maibach, MD; Robert L. Rietschel, MD; Joseph F. Fowler Jr, MD; Donald V. Belsito, MD; Kathryn A. Zug, MD; Vincent A. DeLeo, MD; James G. Marks Jr, MD; C. G. Toby Mathias, MD; Melanie D. Pratt, MD; Denis Sasseville, MD; Frances J. Storrs, MD; James S. Taylor, MD Anogenital dermatitis in patients referred for patch testing: retrospective analysis of cross-sectional data from the North American Contact Dermatitis Group, 1994-2004. Arch Dermatol. 2008;144(6):749-755

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